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Remboursement Orthophoniste

Dyslexie, Dysorthographie, Dyscalculie : quel parcours de remboursement ?

Photo de Salomé Courtois

Par · dans Pathologies & Rééducation

8 min de lecture ·

Dyslexie, Dysorthographie, Dyscalculie : quel parcours de remboursement ?

Pour un enfant présentant une dyslexie, une dysorthographie ou une dyscalculie, le parcours commence chez son médecin (généraliste ou pédiatre), qui prescrit le bilan puis la rééducation orthophonique. Selon ameli, cette rééducation est remboursée à 60 % en cabinet libéral sur prescription médicale, et prise en charge à 100 % lorsqu’elle est réalisée dans un CAMSP, un CMPP ou un CMP. En revanche, l’ergothérapie et la psychomotricité en cabinet libéral ne sont pas remboursées par l’Assurance Maladie, ce qui explique l’existence de dispositifs de financement complémentaires.

Cet article suit le parcours pas à pas, en distinguant ce qui est remboursé, ce qui ne l’est pas et ce qui dépend de la situation de l’enfant.

À retenir
– Le médecin de l’enfant prescrit le bilan et la rééducation orthophonique ; le parcours de santé recommandé par la HAS est gradué en trois niveaux.
– En cabinet, l’orthophonie est remboursée à 60 % ; une franchise de 1 € reste à charge et n’est pas remboursable par la mutuelle.
– En CAMSP, CMPP ou CMP, la rééducation est prise en charge à 100 %, d’après ameli.
– Ergothérapie et psychomotricité libérales ne sont pas remboursées ; le forfait d’intervention précoce, déclenché par une plateforme de coordination et d’orientation, peut en financer une partie pour les enfants concernés.
– Depuis le 23 février 2026, l’accord préalable au renouvellement des séances n’est plus demandé.

Dyslexie, dysorthographie, dyscalculie : de quoi parle-t-on ?

Ces trois termes désignent des troubles spécifiques des apprentissages. La dyslexie touche l’apprentissage de la lecture, la dysorthographie celui de l’orthographe, la dyscalculie celui du calcul et du raisonnement logico-mathématique. Ils peuvent se rencontrer seuls ou associés.

L’orthophoniste occupe une place centrale : il participe au diagnostic par le bilan et assure la rééducation. Ameli précise que l’intervention est d’autant plus efficace qu’elle est précoce et que la fréquence des séances est adaptée à chaque enfant, selon le bilan initial et ses progrès. D’autres professionnels peuvent intervenir selon les difficultés associées : ergothérapeute, psychomotricien, orthoptiste, psychologue.

Pour la dyscalculie, la démarche est identique, avec un bilan portant sur la cognition mathématique. Le sujet est développé dans la rééducation des troubles logico-mathématiques. Pour l’écriture manuscrite, qui relève d’un trouble différent, voir dysgraphie et graphothérapie.

Cet article donne une information générale sur les remboursements ; il ne remplace ni l’avis du médecin ni le bilan d’un professionnel.

Étape 1 : le médecin de l’enfant et le bilan

Le parcours démarre par une consultation. Le guide de la Haute Autorité de santé sur les troubles « dys », publié en janvier 2018 et mis à jour en juin 2019, confie au médecin de l’enfant, généraliste ou pédiatre, un rôle de premier plan : évaluation des compétences cognitives avec des outils standardisés, examen physique et neurologique, vérification de la vue et de l’audition, suivi du développement psychosocial.

À l’issue de cette consultation, le médecin peut prescrire un bilan orthophonique. Pour une suspicion de dyscalculie, l’intitulé de l’ordonnance mentionne un bilan de la cognition mathématique ; pour la lecture et l’orthographe, un bilan du langage écrit. La prescription est le préalable au remboursement en cabinet : ameli précise que les séances d’orthophonie sont prises en charge sur prescription médicale.

Le bilan initial est réalisé par l’orthophoniste. Il sert à confirmer ou non le trouble, à en mesurer l’importance et à définir un projet de rééducation. Il débouche sur un compte rendu adressé au médecin prescripteur.

Deux questions reviennent souvent : la durée de validité de l’ordonnance et le nombre de séances couvertes. Elles sont traitées dans le nombre de séances remboursées par ordonnance.

Étape 2 : la rééducation orthophonique et son remboursement

Le taux de remboursement

Selon ameli, les séances d’orthophonie en cabinet, sur prescription, sont remboursées à 60 %. Le tableau récapitulatif des taux de l’Assurance Maladie précise qu’une franchise médicale de 1 € s’applique aux actes d’orthophonie ; elle reste à la charge de l’assuré et n’est pas remboursable par la complémentaire. Les 40 % restants (ticket modérateur) sont pris en charge selon le contrat de la mutuelle : pourcentage de la base, forfait ou plafond annuel.

Le remboursement se calcule sur la base du tarif conventionnel de l’acte. Un praticien conventionné applique ce tarif ; l’écart éventuel avec un praticien qui ne l’applique pas reste à la charge de la famille, sauf garantie particulière du contrat.

Ce qui change avec l’avenant 21

L’actualité publiée par ameli sur l’entrée en vigueur de l’avenant 21, le 23 février 2026, indique la suppression de la demande d’accord préalable pour le renouvellement des séances après un bilan. Pour les familles, cela signifie moins de délais administratifs entre deux séries de séances, sans changement du taux de remboursement.

La même source décrit une possibilité de facturer deux séances le même jour pour un même patient, à condition qu’il s’agisse d’actes de rééducation différents, relevant de deux projets de soins distincts et de deux prescriptions ou bilans distincts. Cette disposition peut concerner un enfant suivi pour deux troubles différents, mais elle reste encadrée.

Suivre l’évolution : les bilans de renouvellement

Au fil de la rééducation, le professionnel refait le point sur les progrès. Le rythme de ces bilans et leurs conséquences sur la poursuite du suivi sont expliqués dans les articles du site consacrés au renouvellement. Ils permettent d’ajuster la fréquence des séances, ce que rappelle ameli en indiquant que la durée du traitement est adaptée à chaque cas.

La prise en charge à 100 % : CAMSP, CMPP et CMP

Ameli indique que la rééducation orthophonique réalisée dans un CAMSP (centre d’action médico-sociale précoce), un CMPP (centre médico-psycho-pédagogique) ou un CMP (centre médico-psychologique) est totalement remboursée, sans avance de frais. La page consacrée à la dyslexie précise que le CAMSP concerne les enfants d’âge préscolaire et le CMPP la tranche des 6 à 20 ans.

Ce mode de prise en charge n’a pas les mêmes contraintes qu’un cabinet libéral : l’équipe est pluridisciplinaire et la structure organise la venue des professionnels. En contrepartie, les places dépendent des capacités des centres, ce qui peut allonger le délai d’attente. Une famille peut donc combiner ou alterner les modes de prise en charge selon les disponibilités locales.

Pour les enfants scolarisés, les services d’éducation spécialisée et de soins à domicile peuvent aussi intervenir ; la question de savoir qui finance quoi est traitée dans les soins d’orthophonie en milieu scolaire.

Ce que l’Assurance Maladie ne rembourse pas, et comment le financer

Ameli précise que l’ergothérapie et la psychomotricité en cabinet libéral ne sont pas remboursées. Or, ces professionnels interviennent souvent dans le parcours d’un enfant dys, notamment pour les difficultés d’écriture ou de coordination associées.

Le forfait d’intervention précoce répond en partie à ce besoin. D’après le portail monparcourshandicap.gouv.fr, il concerne les enfants de 0 à 12 ans présentant des signes de troubles du neurodéveloppement, dont les troubles « dys ». Il finance les bilans et interventions d’ergothérapeutes, de psychomotriciens et de psychologues ayant passé un contrat avec la plateforme. Le forfait est déclenché par une plateforme de coordination et d’orientation (PCO) après prescription du médecin, pour une durée d’un an, avec une prolongation possible de six mois selon la même source.

Sur le site sante.fr, on lit que, une fois le parcours validé par la PCO, la famille n’a pas d’avance de frais pour les soins concernés, et que le médecin coordonnateur de la plateforme valide la demande dans un délai de quinze jours. Ce même site décrit les PCO comme destinées aux enfants de 0 à 6 ans ; le forfait a été étendu jusqu’à 12 ans, comme l’indique le portail monparcourshandicap.gouv.fr. Les conditions exactes varient selon le territoire et le contrat de la plateforme : la PCO du département est l’interlocuteur pour connaître les modalités locales.

Le fonctionnement complet est détaillé dans l’articulation avec les plateformes de coordination.

Quand la situation est plus complexe : le parcours gradué de la HAS

Le guide de la HAS distingue trois niveaux. Au niveau 1, les cas simples sont pris en charge par les professionnels de proximité (orthophonistes, ergothérapeutes, psychomotriciens, psychologues) sous la responsabilité du médecin de l’enfant. Au niveau 2, des équipes pluridisciplinaires spécialisées, coordonnées par un médecin formé aux troubles du langage et des apprentissages, prennent en charge les situations plus complexes, en lien avec l’école et la famille. Au niveau 3, environ quarante centres de référence des troubles du langage et des apprentissages, rattachés à des équipes hospitalo-universitaires, accueillent les situations les plus complexes.

Ameli mentionne aussi ces centres de référence pour les diagnostics complexes. Le remboursement suit la nature des soins et la structure qui les délivre : un suivi en centre hospitalier ou en équipe spécialisée relève d’autres règles qu’une séance en cabinet, et il vaut mieux demander au centre le détail de la prise en charge avant le premier rendez-vous.

Pour les troubles sévères et durables, une reconnaissance par la MDPH peut ouvrir des droits complémentaires (aides financières, aménagements scolaires). Les démarches sont présentées dans les aides de la MDPH. L’attribution dépend du dossier et de la décision de la commission compétente.

Foire aux questions

Qui doit prescrire le bilan pour une suspicion de dyslexie ?

Le médecin de l’enfant, généraliste ou pédiatre, en lien avec le médecin de santé scolaire selon ameli. La prescription est nécessaire pour que les séances en cabinet soient remboursées.

Combien la Sécurité sociale rembourse-t-elle ?

Ameli indique 60 % pour les séances d’orthophonie en cabinet, sur prescription, avec une franchise de 1 € à la charge de l’assuré. En CAMSP, CMPP ou CMP, la rééducation est prise en charge à 100 % sans avance de frais.

L’ergothérapie ou la psychomotricité sont-elles remboursées ?

Pas en cabinet libéral, d’après ameli. Le forfait d’intervention précoce, déclenché par une PCO, peut financer certains bilans et interventions pour les enfants concernés, dans les conditions fixées par la plateforme.

Faut-il encore une demande d’accord préalable pour poursuivre les séances ?

Non pour le renouvellement des séances après un bilan : l’avenant 21, applicable depuis le 23 février 2026, a supprimé cette exigence selon ameli.

Conclusion

Le parcours d’un enfant dys se résume en quelques étapes : consultation médicale, prescription du bilan, rééducation orthophonique remboursée à 60 % en cabinet ou à 100 % en centre spécialisé, puis recours aux dispositifs de financement pour les professions non remboursées. La mutuelle prend en charge le ticket modérateur selon son contrat, et la franchise de 1 € reste due.

Pour préparer les démarches, il est utile de rassembler les ordonnances et les comptes rendus de bilan, de se renseigner sur la PCO du département et de vérifier auprès de la complémentaire le plafond annuel du poste auxiliaires médicaux.